En France, trois modèles de rémunération coexistent dans le conseil en gestion de patrimoine.
Le conseil indépendant au sens MIFID II facture exclusivement en honoraires et n'accepte aucune rétrocession sur les produits placés. Ce statut est strictement encadré et exige une déclaration formelle auprès de l'autorité de tutelle.
Le conseil non-indépendant se rémunère par commissions et rétrocessions sur les produits distribués, divulguées au client en application de MIFID II. Les honoraires de conseil sont alors souvent absents ou symboliques.
Le modèle mixte combine les deux selon la nature de la mission : honoraires sur le travail stratégique (audit patrimonial, ingénierie civile et fiscale, structuration en holding, optimisation pluri-annuelle) et rémunération produit transparente lorsque des solutions sont effectivement mises en place.
Dans tous les cas, le ratio gain pour le client / coût de la mission est généralement très favorable, parce que l'objet du conseil patrimonial est précisément de trouver des économies, de mieux protéger le patrimoine et de le faire travailler.
Les missions de matière grise — celles qui ne débouchent pas sur la souscription d'un produit — sont facturées comme le ferait un notaire, un expert-comptable ou un avocat. Avec une différence importante : un conseil patrimonial sérieux ne facture pas la lecture d'un email ni la minute de téléphone. Les honoraires couvrent une mission définie et un livrable, pas un compteur qui tourne.
Sur la comparaison avec les banques : le conseil patrimonial indépendant est souvent perçu comme plus cher. C'est une perception trompeuse, car elle ne tient pas compte des frais déjà payés au sein des établissements bancaires au travers des contrats existants : frais de tenue de compte, frais de carte, intérêts d'emprunt, frais de dossier, MRH, assurance emprunteur, frais de gestion sur l'épargne. Ces frais existent déjà, mais ils sont fragmentés et invisibles. La véritable question n'est pas combien coûte le conseil, mais comment et sur quoi gagne réellement la banque.