Retraite CARMF : la pension d'un médecin ne se calcule pas, elle se construit
Trois régimes aux logiques opposées — base démographique, complémentaire par points, ASV conventionnel — qui se figent à la liquidation. Comprendre comment ils s'additionnent est nécessaire. Décider à quel âge les déclencher est l'enjeu réel.
Connaissez-vous le pourcentage de chute de revenus que vous subirez à la liquidation ?
Ce n'est pas le nombre de conseils qui compte. C'est ce qu'ils produisent réellement.
Sources : CARMF · Légifrance · BOFIP · CNAVPL
Calcul de pension CARMF — Etude complète sur demande
Notre étude intègrera les valeurs de point actualisées des trois régimes (base, complémentaire, ASV), votre carrière polypensionnée (salarié et TNS éventuel) et la projection de votre Net-Net mensuel à la liquidation.
Demander mon analyse personnaliséeLe système CARMF : trois régimes, trois logiques
La Caisse autonome de retraite des médecins de France gère obligatoirement la retraite de tout médecin exerçant à titre libéral. Elle pilote en réalité quatre régimes obligatoires : trois consacrés à la retraite, un dédié à l'invalidité-décès. Chacun obéit à des règles propres de cotisation, d'acquisition de droits et de liquidation.
L'erreur la plus fréquente est de raisonner en pension globale, comme s'il s'agissait d'un seul système. La pension d'un médecin est l'addition de trois flux distincts, dont les valeurs de point évoluent indépendamment, les majorations s'appliquent différemment et les règles de réversion ne sont pas les mêmes.
01 Le régime de base — la logique démographique
Aligné sur le régime général des salariés depuis la réforme de 2004, le régime de base est piloté au niveau national par la CNAVPL et géré opérationnellement par la CARMF. Il repose sur un système par points, avec une condition de durée d'assurance (trimestres validés) qui détermine l'application ou non d'une décote. C'est le seul des trois régimes où le nombre de trimestres compte vraiment.
02 Le régime complémentaire vieillesse — la logique par points pure
Spécifique aux médecins, ce régime fonctionne uniquement par points, sans condition de durée d'assurance. Aucune décote ne s'applique, même si la retraite de base est liquidée à taux réduit. À l'inverse, une majoration significative récompense le report de liquidation au-delà de l'âge légal. C'est ce régime qui pèse souvent le plus dans la pension finale.
03 L'ASV — la logique conventionnelle
Réservé aux médecins conventionnés, le régime des Allocations Supplémentaires de Vieillesse est cofinancé par les caisses d'Assurance Maladie pour les praticiens en secteur 1 (prise en charge des deux tiers de la cotisation). Il représente une part importante de la pension d'un généraliste conventionné. Ses règles ont été modifiées plusieurs fois ces dernières années — c'est le régime le plus exposé aux évolutions structurelles.
| Régime | Logique de calcul | Décote possible ? | Réversion |
|---|---|---|---|
| Base (CNAVPL) | Points × valeur × taux de liquidation | Oui, si trimestres manquants | 54 %, sous condition de ressources |
| Complémentaire | Points × valeur de service | Non — taux toujours plein | 60 %, sans condition de ressources |
| ASV | Points × valeur de service ASV | Non — taux toujours plein | 60 %, sans condition de ressources |
Le régime invalidité-décès, quatrième régime obligatoire, fait l'objet d'une analyse dédiée. À cela s'ajoutent l'IRCANTEC (pour les périodes d'internat, externat, exercice salarié hospitalier public) et, le cas échéant, l'Assurance Retraite et l'AGIRC-ARRCO pour les médecins ayant exercé en activité salariée privée.
Pourquoi le calcul ne dit jamais tout
Tous les sites de référence proposent la même chose : la formule, les valeurs de point, les tableaux d'âge légal. C'est juste, c'est vérifiable, c'est utile. Mais ce n'est pas la question que se pose vraiment un médecin à dix ans de la liquidation.
La vraie question est ailleurs. Elle tient en une phrase : « Combien de revenus vais-je perdre, et qu'est-ce que je dois construire dès aujourd'hui pour amortir cette chute ? » Pour un praticien dont le BNC se situe en dehors des tranches modestes, le passage à la pension CARMF correspond à une perte de revenus très significative — un ordre de grandeur que la plupart des médecins découvrent trop tard.
Cette chute n'est pas une anomalie : c'est mécanique. Le régime de base est plafonné à un PASS, le régime complémentaire est plafonné à 3,5 PASS, et l'ASV répond à une logique conventionnelle distincte. Tout euro de revenu au-delà de ces plafonds ne génère aucun droit à retraite obligatoire. Pour un médecin à fort revenu, la pension ne peut pas, par construction, dépasser un certain niveau.
L'autre angle mort tient à la pluri-annualité. Le calcul donne une photographie au jour de la liquidation. Mais la décision se prend cinq à dix ans en amont : moment de liquidation, surcote, rachat de trimestres, choix du régime supplémentaire, articulation avec l'épargne personnelle. Une décision prise à 60 ans engage la pension nette pendant trente ans.
Calculer sa retraite CARMF, c'est facile : la formule est publique. Décider à quel âge la liquider, et que faut-il préparer à côté pour maintenir son train de vie, c'est un travail d'analyse écrite et justifiée — qu'aucune calculette ne peut faire à votre place.
Pour qui une analyse de pension CARMF fait vraiment sens
Une analyse approfondie n'est pas indispensable pour tous les médecins. Elle devient utile dès que la décision de liquidation engage des arbitrages financiers significatifs ou que le parcours professionnel comporte des particularités. Quatre questions permettent de positionner votre situation.
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01
Êtes-vous conventionné en secteur 1 ou 2 ? Le secteur conventionnel détermine la part prise en charge par l'Assurance Maladie sur l'ASV — et donc votre niveau de pension finale.
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02
Votre carrière est-elle polypensionnée ? Internat, salariat hospitalier public, activité mixte privée — autant de régimes additionnels (CNAV pour la base, IRCANTEC pour le secteur public hospitalier, AGIRC-ARRCO pour le salariat privé, fonction publique pour les PU-PH) qui s'ajoutent aux trois régimes CARMF, avec des règles de coordination spécifiques.
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03
Êtes-vous à plus de cinq ans de la liquidation envisagée ? Au-delà de cette fenêtre, des leviers d'optimisation pluri-annuels deviennent activables — rachats, choix du moment de liquidation, articulation avec l'épargne privée.
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04
Avez-vous validé tous vos trimestres ou existe-t-il des manques sur votre relevé de carrière ? Un trimestre manquant non corrigé peut entraîner une décote définitive — et générer un manque à gagner cumulé sur toute la durée de votre retraite.
0 à 1 OUI
Approche standard
Votre situation est probablement linéaire. Une simple consultation du récapitulatif des droits sur l'espace eCARMF et un échange avec leur service allocataires suffisent. Pas d'enjeu d'analyse pluri-annuelle.
2 à 3 OUI
Adéquation à creuser
Plusieurs régimes interagissent et plusieurs leviers sont activables. Une analyse écrite et justifiée permet de quantifier ce qui se gagne ou se perd selon le moment de liquidation et l'articulation avec votre épargne personnelle.
4 OUI
Stratégie pertinente
Profil typique d'analyse pluri-annuelle : carrière mixte, secteur conventionnel à enjeu, manques à corriger, fenêtre stratégique ouverte. Le ratio coût d'analyse / gain net cumulé est très favorable.
Cinq leviers pour agir sur sa pension CARMF
Chacun de ces leviers a une logique économique propre, un horizon d'effet différent, et un coût d'opportunité distinct. Le piège classique est de les actionner isolément, sans modélisation pluri-annuelle. Le vrai sujet n'est pas « lequel est le meilleur » mais « lequel se justifie pour votre situation ».
Choisir le moment de liquidation
Le levier le plus puissant — et le moins coûteux. Reporter la liquidation au-delà de l'âge légal active une surcote significative sur le régime de base et une majoration substantielle sur la complémentaire et l'ASV (par trimestre supplémentaire entre l'âge légal et 65 ans, puis à un rythme réduit jusqu'à 70 ans). Sur trente ans de retraite, l'effet cumulé peut représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros.
Racheter des trimestres au régime de base
Possible jusqu'à 12 trimestres au titre des années d'études supérieures ou des années à moins de 4 trimestres validés. Deux options : rachat « décote seule » ou rachat « décote + points » (plus coûteux). La rentabilité du rachat dépend étroitement de l'espérance de vie, du moment de liquidation et de la tranche marginale d'imposition au moment du rachat (les sommes versées sont déductibles du BNC). À évaluer au cas par cas, jamais en automatisme.
Acheter des points au régime complémentaire
Possible entre 45 ans et l'âge de départ. Trois situations principales ouvrent ce droit : service national, maternité, prise en charge d'un enfant handicapé, ainsi que les deux premières années d'affiliation dispensées de cotisations. Le coût unitaire d'un point est élevé — la rentabilité doit être comparée non seulement au gain de pension mais aussi à un placement alternatif (Capimed, PER, contrat de capitalisation).
Capimed — le régime supplémentaire CARMF
Régime facultatif géré par la CARMF, ouvert aux médecins en exercice de moins de 70 ans. Cotisations déductibles fiscalement, sortie en rente viagère. C'est le seul produit estampillé « CARMF » qui complète la pension obligatoire. Sa pertinence se compare à un PER individuel, à un contrat de capitalisation, ou à une stratégie d'holding patrimoniale selon votre niveau d'IR et votre besoin de liquidité.
Le cumul emploi-retraite à la liquidation
Depuis 2023, le cumul emploi-retraite intégral permet d'acquérir de nouveaux droits au régime de base (plafonnés). Les régimes complémentaire et ASV, eux, ne génèrent plus de droits. Pour un médecin qui prolonge son activité libérale après liquidation, le levier est intéressant mais limité — et son cadre est susceptible d'évoluer. À articuler avec les règles spécifiques de la CARMF en cumul.
Ces cinq leviers ne sont pas additifs : ils interagissent. Activer le bon levier, au bon moment, dans le bon ordre — c'est l'objet d'une analyse pluri-annuelle écrite et justifiée. Pas d'un automatisme.
Architecture pluri-annuelle : articuler CARMF, fiscalité et patrimoine privé
Pour un médecin dont le BNC dépasse les plafonds de cotisation des régimes obligatoires, la CARMF n'est qu'une partie de la trajectoire de retraite — souvent la moins flexible et la plus encadrée. Au-delà d'un certain niveau de revenu, l'optimisation se joue dans l'articulation avec d'autres outils.
Trois familles d'instruments se complètent — chacune avec sa logique fiscale, son horizon, sa liquidité — pour reconstituer le pouvoir d'achat perdu à la liquidation.
| Famille | Logique | Horizon | Sortie |
|---|---|---|---|
| Régimes facultatifs Madelin / loi PER | Déductibilité du BNC, capitalisation | Long terme (jusqu'à la retraite) | Capital ou rente, selon le contrat |
| Capimed (CARMF) | Régime supplémentaire spécifique aux médecins, déductible | Long terme | Rente viagère uniquement |
| Contrat de capitalisation / SCI / SELARL holding | Capitalisation libre, fiscalité différée | Souple (court à très long terme) | Capital, rachats partiels, transmission |
Le choix entre ces familles dépend de votre tranche marginale d'imposition au moment de l'effort d'épargne, de votre tranche au moment de la sortie, du besoin de liquidité avant la retraite, et de l'enjeu de transmission. Aucune solution n'est intrinsèquement meilleure — chacune répond à un profil et à un objectif. La question légitime est : laquelle, pour vous, à quelle proportion, et à quel rythme ?
Pour les médecins exerçant en SELARL, un sujet supplémentaire se pose : l'arbitrage entre rémunération et dividendes a un impact direct sur les cotisations CARMF — donc sur la pension future. Optimiser la fiscalité immédiate via les dividendes peut amputer significativement la retraite. C'est l'un des arbitrages pluri-annuels les plus structurants.
Trois questions à poser à tout conseiller
Le réflexe naturel d'un médecin qui découvre l'écart entre son revenu d'activité et sa pension prévisionnelle est d'agir vite : racheter, cotiser, souscrire. C'est précisément à ce moment-là qu'il faut ralentir et poser les bonnes questions.
QUESTION 01
Le rachat de trimestres a-t-il une rentabilité positive sur 10 et 15 ans, dans mon cas ?
Le coût d'un trimestre racheté dépend de l'âge et de la moyenne des revenus. Le gain de pension est calculable. Le seuil de rentabilité — c'est-à-dire l'âge à partir duquel la pension cumulée perçue dépasse le coût du rachat — doit être chiffré. Si ce seuil tombe au-delà de l'espérance de vie statistique, la décision change.
QUESTION 02
La majoration de la pension complémentaire et ASV vaut-elle le coût d'une année de travail supplémentaire ?
Reporter la liquidation d'un an, c'est gagner une majoration significative sur les régimes complémentaire et ASV — mais c'est aussi continuer à cotiser, et différer d'un an le versement de la pension. Le calcul net n'est pas trivial. Il dépend du revenu d'activité maintenu, du niveau de fatigue, et du projet personnel.
QUESTION 03
Capimed, PER ou contrat de capitalisation : laquelle des trois solutions est adaptée à mon profil ?
Capimed cumule un cadre fiscal Madelin et une rente viagère « médecins ». Le PER offre plus de souplesse à la sortie. Le contrat de capitalisation libère la liquidité mais perd la déductibilité. Choisir l'un sans modélisation, c'est faire un pari fiscal sans visibilité sur le résultat à long terme.
Au Cercle des Avisés, l'analyse retraite n'est pas un simulateur. C'est un dossier écrit, justifié, qui chiffre chaque levier sur dix ans, identifie celui qui produit le meilleur Net-Net cumulé, et le compare aux alternatives. La promesse n'est pas un produit. C'est une trajectoire.
Cinq jalons pour préparer concrètement votre liquidation
L'expérience montre qu'une liquidation se prépare idéalement cinq ans avant la date envisagée. En deçà, certains leviers ne sont plus activables. Voici la séquence opérationnelle qui structure une trajectoire bien menée.
Demander son relevé individuel de situation et son récapitulatif des droits
Disponibles via l'espace eCARMF et le portail info-retraite.fr. Le relevé doit être consolidé sur l'ensemble des régimes : CNAV, CARMF, AGIRC-ARRCO, IRCANTEC, fonction publique le cas échéant. C'est la photographie de référence à partir de laquelle tout se construit.
Vérifier les manques — trimestres, points complémentaires, périodes incomplètes
Les écarts entre les relevés sont fréquents : périodes mal reportées, employeurs non transmis, points oubliés. Ces régularisations nécessitent souvent des justificatifs (bulletins de salaire, attestations) que beaucoup de médecins n'ont plus. Plus on s'y prend tôt, plus on a de chances de retrouver les pièces.
Modéliser plusieurs scénarios de liquidation
Au minimum trois : départ à l'âge légal, départ à taux plein, départ à +2 ans. Chiffrer le Net-Net mensuel dans chaque scénario, sur dix ans, en intégrant la fiscalité personnelle et les éventuelles cotisations sociales restantes. C'est ce comparatif qui éclaire la décision.
Évaluer la pertinence d'un rachat ou d'une surcotisation
Calculer le seuil de rentabilité de chaque option, le comparer à un placement alternatif (Capimed, PER, contrat de capitalisation), et trancher en fonction du profil de risque, de l'horizon, et de la stratégie patrimoniale globale. C'est l'étape la plus négligée.
Construire le complément privé pour amortir la chute de revenus
Une fois le shortfall identifié — l'écart entre la pension obligatoire prévue et le train de vie cible — bâtir l'épargne complémentaire qui le comblera. C'est ici que la stratégie PER, le contrat de capitalisation, l'assurance-vie luxembourgeoise ou la SCPI peuvent jouer leur rôle, en architecture ouverte.
Cinq questions fréquentes sur le calcul CARMF
Le calcul est-il identique pour les médecins généralistes et les spécialistes ?
Les règles de calcul sont strictement identiques pour les généralistes et les spécialistes. Ce qui diffère, c'est le niveau de revenu moyen et donc le nombre de points acquis. Un spécialiste à fort BNC plafonne plus rapidement sur les régimes obligatoires, ce qui rend la stratégie de complément privé d'autant plus structurante. Le simulateur permet de modéliser votre cas précis.
La pension ASV est-elle garantie dans le temps ?
L'ASV repose sur un cofinancement par l'Assurance Maladie, qui dépend du conventionnement et du secteur d'exercice. Ses paramètres ont été modifiés à plusieurs reprises ces dernières années — c'est le régime le plus exposé aux évolutions structurelles. Une analyse prudente intègre une marge sur l'ASV plutôt que de s'y appuyer mécaniquement.
Peut-on partir à la retraite CARMF avant 62 ans ?
Le départ avant l'âge légal est possible dans certains cas particuliers : carrière longue, inaptitude médicale, situation d'aidant familial, handicap. Hors ces dispositifs encadrés, l'âge légal est la borne incontournable. Un départ anticipé sans le bénéfice d'un dispositif spécifique active une décote définitive sur le régime de base, qui peut atteindre un quart de la pension.
Les revenus issus d'une SELARL comptent-ils pour la retraite CARMF ?
La rémunération du gérant médecin de SELARL est soumise à cotisations CARMF — elle génère donc des droits. Les dividendes, en revanche, ne sont assujettis à cotisations CARMF que sur la fraction excédant 10 % du capital social, des primes d'émission et des soldes moyens des comptes courants d'associés. Ce point est central dans l'arbitrage rémunération-dividendes : optimiser à court terme la fiscalité immédiate via les dividendes peut amputer significativement la pension future.
Quelle est la chute de revenus typique entre l'activité et la retraite ?
L'écart varie fortement selon le profil — secteur d'exercice, niveau de BNC, durée de carrière, statut conventionné — mais pour un médecin libéral à BNC moyen ou élevé, la pension obligatoire représente souvent une part minoritaire du revenu d'activité. C'est précisément pour quantifier cet écart, dans votre cas, que l'analyse écrite et justifiée a sa pleine valeur.
« Ce n'est pas le nombre de conseils qui compte. C'est ce qu'ils produisent réellement. »
La retraite CARMF n'est pas une équation à résoudre. C'est une trajectoire à construire. Comprendre comment la pension se calcule est nécessaire — mais ne suffit jamais. La question utile, celle qui produit du Net-Net cumulé, est toujours la même : à quel âge liquider, et que faut-il préparer dès maintenant pour maintenir votre train de vie sur les vingt ou trente années qui suivront ?
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